L’anthropologie de l’alimentation

2L’anthropologie alimentaire s’intéresse à l’ensemble des activités de production, de transformation, de distribution et de consommation alimentaires et aux pratiques et aux représentations qui s’y rattachent. L’alimentation y est un objet d’étude en soi mais aussi pour ce qu’elle nous apprend, en tant que fait social total, du fonctionnement d’une société.

3Ce thème extrêmement vaste va de la préhistoire aux systèmes alimentaires actuels. Le sujet au cœur de cette discipline est la relation qui existe entre les humains et leurs aliments, en tous temps et dans toutes les cultures. Cela implique aussi forcément, une relation à l’environnement quel qu’il soit et aux conséquences de l’alimentation sur le fonctionnement du corps et l’état de santé, ainsi qu’aux représentations et images du corps. Cette discipline présente dans ses applications un complément logique et nécessaire à la science de la nutrition humaine.

4Il s’agit d’une discipline bio-culturelle, faisant appel à la fois à la « nature » et à la « culture », deux concepts impossibles à séparer et qui dépendent l’un de l’autre. C’est également une parlante illustration de la gestion culturelle des faits biologiques.

5L’éventail des besoins nutritionnels des populations du monde est relativement restreint, mais les manières dont les diverses cultures font ou ont fait face à ces besoins sont extrêmement vastes et diverses.

6Il n’est plus besoin d’insister sur le fait, mis en avant par les cliniciens et autres chercheurs du domaine biomédical, de la relation qui existe entre habitudes alimentaires et état de santé. La question que nous pouvons nous poser est : dans quelle mesure l’anthropologie peut-elle apporter un nouvel éclairage sur les diverses manières de se nourrir, sur les divers produits, qui seraient les plus avantageux pour la santé des individus comme des populations dans les contextes qui leurs sont propres.

7La variété des substances ingérées par les divers peuples de la planète est véritablement remarquable ; mais, pour chaque culture, les aliments considérés comme acceptables, voire simplement comestibles, est rigide et souvent restreinte. S’il n’est pas trop difficile de décrire et analyser « ce qui se mange » dans un groupe humain donné, il est beaucoup plus compliqué de répondre à la question « pourquoi le mangent-ils » ? L’aliment a toujours été beaucoup plus qu’une somme d’énergie pour le corps, il joue un rôle primordial dans la vie sociale, profane et religieuse. Comprendre les préférences, les choix, les transformations, est important pour d’une part, effectuer des campagnes nutritionnelles bénéfiques à la santé publique ou planifier un développement durable. Connaître les habitudes alimentaires d’une population peut aider l’épidémiologie nutritionnelle à découvrir des facteurs favorisants ou protecteurs de diverses pathologies (Hubert et al., 1992). On peut citer les problèmes de santé publique posés aujourd’hui par l’incidence croissante du diabète au niveau mondial, certains cancers, et les maladies cardio-vasculaires. Notre discipline contribue par ses analyses de situations à mieux comprendre les mécanismes comportementaux et environnementaux liés à ces maladies, les différences d’habitudes liées au genre et à la situation contemporaine des femmes dans notre société par exemple.



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